"Nous découvrons tous tôt ou tard dans la vie que le bonheur parfait n'existe pas, mais bien peu sont ceux qui s'arrêtent à cette considération inverse qu'il n'y a pas non plus de malheur absolu. Les raisons qui empêchent la réalisation de ces deux états limites qont du même ordre : elles tiennent à la nature même de l'homme, qui répugne à tout infini [...]C'est aussi l'assurance de la mort, qui fixe un terme à la joie comme à la souffrance" (chapitre 1)
"Quand nous avons vu tomber les premiers flocons, nous nous sommes dit que si l'année dernière à pareille époque on nous avait dit que nous devions voir un autre hiver au Lager, nous serions allés toucher les barbelés électifiés; que nous devrions y aller maintenant même, si nous étions logiques, s'il n'y avait pas encore en nous, tout au fond, cet espoir fou, irraisonné, que nous n'osons nous avouer." (chapitre 13)
"...jusqu'à ce qu'un jour dire "demain" n'ait plus de sens" (chapitre 14)
"...je ne suis plus assez vivant pour être capable de me supprimer" (chapitre 15)
"Détruire un homme est difficile, presque autant que le créer : cela n'a été ni aisé ni rapide, mais vous y êtes arrivés, Allemands. Nous voici dociles devant vous, vous n'avez plus rien à craindre de nous : ni les actes de révolte, ni les paroles de défi, ni même un regard qui vous juge" (chapitre 16)
Extrait de Si c'est un homme de Primo Levi